" Les honoraires d'Avocat coûtent trop cher eu égard au service rendu ... La
profession devrait oeuvrer de façon plus désintéressée ..."

Ces critiques sont valables, mais elles ne sont souvent pas justifiées.

Etre avocat ne peut ni ne doit être en aucun cas un sacerdoce. C'est un métier, une profession à part
entière, qui implique des connaissances les plus globales acquises, de l'expérience, une bonne
personnalité, un esprit de synthèse et beaucoup d'intuition.

Cette profession s'est heureusement démocratisée (de 5.000 avocats environ en 1975 à un peu moins de
50.000 actuellement rien que sur le territoire français). Le coût ordinaire d'une procédure en monnaie
constante n'a pas beaucoup évolué depuis une bonne vingtaine d'années.

Sans doute que jadis les Avocats vivaient mieux car ils étaient moins nombreux. Ce n'est plus le cas
maintenant et les cabinets doivent maintenant assumer des problèmes de concurrence interne dans un
contexte économique difficile, notamment alourdi par des charges professionnelles, fiscales et sociales sans
cesse croissantes.

Les exigences du métier demeurent entières : l'Avocat digne de ce nom doit pouvoir disposer de moyens
matériels et juridiques - notamment en ce qui concerne le secret professionnel dont le caractère absolu doit
absolument être restauré dans l'intérêt du justiciable - pour pouvoir sereinement exercer une Défense
crédible, y compris dans les missions de conseil et d'assistance, dans l'intérêt exclusif de son client.

Il doit être corrélativement rénuméré de ses interventions et remboursé des frais qu'il a exposés.

Les honoraires correspondent à la rémunération de plusieurs tâches dissociables.

Phase "audit" : Tarif en ce qui me concerne : 150 euros H.T. / heure.

Il s'agit grosso modo de savoir "ce qui ne va pas" et d'être en conséquence à l'écoute de son client. Cette
phase est absolument essentielle : un avocat qui n'écoute pas son client ne pourra certainement pas être à
même de participer rapidement et efficacement à la résolution du litige. L'écoute est un travail exigeant qui
prend du temps lequel doit être rémunéré.

Phase "consultation" : Tarif en ce qui me concerne : 250 euros H.T / heure.

Il s'agit de donner un pronostic c'est-à-dire de déterminer si le cas est "judiciarisable" c'est-à-dire s'il est
susceptible d'être évoqué dans de bonnes conditions devant une juridiction, et dans l'affirmative devant quelle
(s) juridiction(s).

Et la recherche d'une conciliation ? Je suis sceptique quant au caractère systématique d'une telle approche
pour deux raisons.

Tout d'abord, les Tribunaux ne font plus peur car globalement leur rendement est trop lent et leur aspect s'est
humanisé en faveur des débiteurs (peut-être trop).

Ensuite, un débiteur en état de discuter n'est généralement jamais pressé d'exécuter ses obligations, ce qui
veut dire qu'un rapprochement amiable, par exemple dans le cadre d'une médiation, sans envisager en
parallèle le recours à des moyens coercitifs est illusoire dans 9 cas sur 10. Cela occasionne même une
perte de temps qui discrédite le client et peut même lui être fatal, notamment en cadre d'un conflit soumis à
de courts délais de prescription (cf. transport,bail, assurance, etc ...). L'expérience montre que l'adage "on
tape d'abord, on discute après" est le plus souvent gage de succès pour le client ... Mais il faut aussi savoir
s'arrêter quand il le faut pour négocier ... Facile à dire, mais souvent difficile à conseiller, surtout dans un
contexte passionnel.

Phase "mission" : Une fois le pronostic accepté par le client, reste à évaluer le coût de la mission qui en
résulte et sa durée. Mon principe est de définir avec le client de manière à le tranquilliser un coût global et
forfaitaire "sauf imprévu" (par exemple incident opposé par la partie adverse) ou "diligences particulières" (par
exemple en vue d'obtenir la fixation d'une date rapprochée). Mon tarif suivant le type de mission :

- divorce par consentement mutuel sans enfant et sans patrimoine : 1.500 euros H.T.
- divorce par consentement mutuel avec enfant et/ou patrimoine : à négocier.
- référé provision avec un enjeu inférieur à 16.000 euros : 2.000 euros H.T.
- référé provision avec un enjeu supérieur: à négocier
- procédure au fond : au moins 2.000 euros H.T

Une rémunération distincte "au résultat" peut être envisagée.

Le barème est généralement dégressif et s'applique H.T. lors des encaissements effectifs.

- 10 % de 3.500 à 11.500 euros
- 8 % de 11.501 à 20.000 francs
- 5% de 20.001 à 75.000 euros
- 3 % au dessus de 75.000 euros

Nous refusons, conformément au droit applicable, tout dossier représentant un enjeu ordinaire et
exclusivement rémunéré suivant ce système. En effet, compte tenu des aléas inévitables que présente une
procédure judiciaire et des dysfonctionnements incontestables du service public de la Justice, un tel mode
de rémunération est trop risqué et ne permet l'exercice efficace du travail de conseil et de défense dans de
bonnes conditions.

De plus, en cas de succès "facile", un tel système est objectivement inique pour le client puisqu'il fait
abstraction de toute notion de mérite. Je préfère pour ma part une rémunération "serrée" mais acquise qui
permet un recul et une motivation dans des conditions suffisantes, incluant un intéressement dans le cas
d'un dossier dont l'enjeu financier est important (supérieur à 20.000 euros).

Une mission s'étalant en moyenne sur deux mois en ce qui concerne un référé ordinaire et sur un an et demi
en ce qui concerne une procédure au fond (et je suis à ce titre malheureusement très optimiste), la charge
correspondante me semble facilement supportable dans le temps pour des clients normalement fortunés.

Les propos ci-dessus n'engagent que leur auteur. Reproduction interdite. Copyright 1997-2003 by André Roulleaux Dugage.